
Cette figure n’est pas une simple construction géométrique. C’est un yantra : une image conçue pour être contemplée, traversée, méditée. Elle ne cherche pas seulement à représenter une idée. Elle cherche à mettre la pensée en mouvement. Sa simple contemplation prolongée aura un effet équilibrant sur ta psyché. Si tu regardes cette figure un instant, tu reconnaîtras un yin-yang, et tu n’auras pas tort. Mais ne passe pas trop vite : ce que tu prends pour un symbole familier est en réalité une matrice de tes propres énergies, et renferme plusieurs clés.
J’aimerais t’en confier quelques-unes.
Première clé : les deux courants féminin et masculin. Le magenta et le bleu sont deux couleurs parentes, complémentaires, qui diffèrent sans devenir étrangères. Le courant bleu, masculin, structure — il bâtit, délimite, ordonne, remonte vers l’Idée (6) au sommet. Le courant magenta, féminin, vivifie — il anime, féconde, inspire, descend vers la Terre (1) à la base. Et chaque courant porte en son cœur le germe de l’autre. Aucune polarité ne se suffit à elle-même ; chacune reçoit de l’autre ce qui la mobilise et la rend féconde.
Deuxième clé : les six et le centre. Six points se tiennent sur le cercle : la Terre (1) où le triangle du Corps tente de s’ancrer, avec d’un côté l’Eau (2) où circulent tes énergies magnétiques et de l’autre le Feu (3) de tes actions vitales et de ton énergie électrique, puis le triangle de l’Âme avec l’Air (4) de tes émotions, le Son (5) de ton verbe, la Pensée (6) de ton imagination et de ton intuition. Six strates de ton expérience — et regarde les lignes : chacun est relié à tous les autres. Rien, en toi, n’existe séparément. Au centre, le sept : la Conscience. Remarque qu’elle ne trône pas au sommet de la figure. Elle ne couronne pas les six : elle les habite et les relie.
Troisième clé : l’arithmétique des complémentaires. Observe les diamètres. Ils unissent 1 et 6, 2 et 5, 3 et 4 — et chaque fois, la somme fait sept. Les opposés de cette figure ne s’affrontent jamais : ils s’additionnent, et leur union reproduit le centre. Fais mieux : tourne mentalement la figure d’un demi-tour. Chaque nombre devient son complément, chaque couleur devient l’autre, et pourtant la forme demeure exactement la même. Voilà ce que la géométrie murmure ici : l’opposition n’est qu’une complémentarité qui s’ignore encore.
Quatrième clé : les deux rythmes numériques.
Les nombres bleus sont impairs:
Les nombres magenta sont pairs :
Le 9 est le nombre de l’accomplissement intérieur : il concentre, synthétise, ramène à l’unité. Le 12 est le nombre du déploiement : il distribue, ordonne, inscrit l’énergie dans un cycle complet. L’un rassemble ; l’autre articule. L’un reconduit vers le centre ; l’autre organise la périphérie.
Mais regarde les deux petits cercles placés au cœur des courants. Le germe magenta se trouve entre le 5 et le 7 :
Le germe bleu se trouve entre le 7 et le 2 :
Chaque courant porte donc en lui le nombre de l’autre. Le féminin contient un principe masculin ; le masculin, un principe féminin. Leur fécondité vient précisément de cette présence intérieure. Ce qui paraît autre n’est jamais entièrement extérieur.
Cinquième clé : le serpentement. Suis maintenant les nombres dans l’ordre, de 1 à 6. Ton regard zigzague — un pas dans le bleu, un pas dans le magenta, sans jamais monter en ligne droite. Ce va-et-vient n’est pas un défaut du dessin : c’est le chemin lui-même, celui que les anciens figuraient par les deux serpents du Caducée s’enroulant autour du bâton central. On ne s’élève pas en forçant sur une seule polarité ; on s’élève en alternant, discipline et abandon, structure et vie. Et le sept, au bout du compte, ne prolonge pas la montée : il la recentre. La plénitude n’est pas plus haut. Elle est au milieu.
Sixième clé, pour les orfèvres. Compte les lignes qui relient les sept points : il y en a vingt et une — exactement la somme des six nombres du cercle. Ajoute le sept au total : vingt-huit, ce nombre que les Grecs disaient parfait parce qu’il égale la somme de ses propres diviseurs. Je te laisse vérifier. Cette figure en sait plus long qu’elle n’en montre.
PS : Cette matrice est une carte que je déplie pas à pas dans La Voie Souveraine — Se souvenir de la Source.
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