La Joie pour Boussole

Il est une action rituelle que je pratique chaque matin de très bonne heure, une plume à la main, devant une nouvelle page de mon journal spirituel. Au cœur du silence qui précède l’agitation du jour, je me pose deux questions toutes simples, puis je me tais et médite dans l’attente d’une réponse remontant des profondeurs : « aujourd’hui, qu’est-ce que je veux vraiment vivre ? » « Qu’est-ce qui me passionne par-dessus tout et qui justifie que je veuille me mêler à ce monde ? »

Par ces questions, je ne m’adresse ni à mon intelligence ni à ma mémoire, et moins encore à mon ego ; je descends plus profond, plus au-dedans, jusqu’à ce lieu central où mon âme se relie à ce corps et à ce scénario terrestre. Je consulte mon cœur, à travers lequel s’exprime l’aspect décideur de l’être spirituel que je suis en réalité.

C’est là ma toute première pratique. Une pratique qui pose clairement la bonne intention et la bonne direction pour la journée. Et ce matin, en consultant mon cœur, quatre notions sont remontées, sans effort ni délibération, limpides comme le jour : « vivre la paix et l’amour, dans la joie et la liberté ».

Et j’ai souri, car je viens tout juste d’achever mon ouvrage La Voie Souveraine, un traité de métaphysique spirituelle et de pratique d’éveil qui se penche sur les neuf qualités divines constituant notre nature profonde. Des qualités qu’il s’agit d’exprimer chaque jour si nous voulons nous rapprocher graduellement de la Source. Or la réponse de mon cœur n’épousait pas tout à fait cette gamme. La joie n’y siège pas. La liberté non plus.

Je vois dans la joie non tant une qualité qu’un signal. Elle est cette émotion qui m’avertit, à chaque pas, que le chemin foulé est bien celui que veut mon cœur, et que ce chemin me conduit à exprimer des qualités qui me font retrouver ma nature profonde. La joie m’indique que j’agis en alignement avec ce que la Source veut pour moi comme pour chacune de ses extensions incarnées. Qu’importent les attentes de la société, des autres, de leurs regards, de leurs jugements. La joie me signale que j’épouse ce que mon cœur veut vraiment et que j’accomplis ma mission d’âme. Comme dans ce jeu de notre enfance, la joie me dit « tu chauffes ».

La liberté est un agir joyeux. Goûter à la liberté, c’est goûter à la joie d’agir en accord avec ce que je veux vraiment au-dedans, et non d’agir sous la pression d’une force extérieure. La joie est le symptôme fidèle de l’acte libre, de l’agir souverain. Et cet acte libre et joyeux, je le connais déjà sous un autre nom, celui qui soulève et fait oublier le défilement des heures : l’enthousiasme.

C’est ainsi que je commence : quand le jour se lève, avant de songer à quoi faire, combien produire, comment m’y prendre, je me pose la question qui précède toutes les questions : « que veux-tu vraiment, ô mon âme ? ». Et j’écoute son chant.


La Voie Souveraine — Se souvenir de la Source est mon premier livre, et il vient de paraître. Si tu veux en faire, un temps, ton compagnon de route, il est désormais disponible en deux versions.

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