Faut-il aujourd’hui, pour vivre en paix et heureux, vivre caché ? (I)

Tandis que l’Europe, jadis si prompte à donner des leçons, révèle d’inextricables contradictions – elle qui dénonçait hier les génocides mais se tait aujourd’hui devant celui qu’Israël perpètre contre les Palestiniens ; elle qui prônait le dialogue et la paix, mais aujourd’hui défend le maintien de la guerre…

Tandis que les plus nobles notions – la science, inféodée à ceux qui la financent ; l’écologie, défendue par des escrocs notoires ; l’histoire, réécrite par des faussaires ; la vérité, validée par des médias aux ordres – servent dorénavant de prétexte à l’État pour restreindre les libertés, notamment celles de penser par soi-même et de s’exprimer publiquement.

Tandis que l’ère numérique et ses réseaux poussent à l’hyper-connexion, à une constante visibilité en ligne, à une perpétuelle mise en scène de soi : la question de savoir si le bonheur exige un certain degré, sinon d’isolement, au moins de discrétion, s’impose.

Et si le bonheur exigeait que l’on s’éloignât du grand-guignolesque théâtre politique, du vacarme médiatique, de la frénésie des réseaux, de l’insécurité des villes, et peut-être même… de ses semblables ?

Faut-il, pour vivre heureux, vivre caché dans un ermitage ou retiré dans un désert ?

Cette question n’est pas d’un abord facile, car on s’accorde à reconnaître que l’homme est d’une nature essentiellement sociable.

Qu’on l’admette ou non, nous avons besoin d’amour, de connexion : un foyer, une véritable maison, c’est là où l’on est aimé, entouré d’une affection sincère, sans jugements, sans conditions.

Comment dès lors concilier ce besoin vital de connexion et l’apparente nécessité de s’éloigner d’un monde devenu bruyant, hostile, frénétique et anxiogène ?


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