Derrière chacune de tes opportunités d’agir, se cache un piège sournois, de nature à assombrir ta lumière intérieure, à baisser tes fréquences énergétiques, à prolonger inutilement tes souffrances dans la matrice ; ce piège, c’est l’attente d’un résultat spécifique des suites de ton action.
Nourrir une attente, c’est escompter un résultat potentiellement profitable, dont tu te fais une idée plus ou moins précise, projeté plus loin sur une ligne de temps linéaire artificielle. Or, en espérant un gain futur, tu deviens attentif (autrement dit tu donnes de l’énergie) à une projection mentale artificielle qui déforme ta perception du moment en y intercalant une sorte de calendrier imaginaire. Ce faisant, tu n’entretiens plus un rapport immédiat à ton vécu, dans l’ici et le maintenant, puisque tu viens surimposer à chaque action des projections hypothétiques, désirées ou redoutées, qui viendront occuper longuement l’écran de ton mental. Et ce faisant, tu intercales entre ton vécu et ta conscience une zone mentale tampon peuplée de craintes et d’espérances. Cette zone mentale grossit, grossit, prend chaque jour de l’ampleur, se renforce toutes les fois que tu agis par calcul, jusqu’au point d’occulter les signaux que la Source t’envoie.
C’est ainsi que, peu à peu, tu finis par ne plus agir dans la spontanéité et la joie, par ne plus écouter ton cœur épris d’insouciance. Tu n’agis que dans l’unique tension de l’espoir ou de la crainte. Tes actions accomplies par calcul te mettent dans une situation périlleuse car non seulement elles coupent le dialogue subtil et merveilleux que tu pourrais nouer avec la Source en écoutant ton cœur, mais elles donnent surtout naissance à des émotions et des formes-pensées qui te maintiennent en basses fréquences (peur, regret, remord, déception, jugement, culpabilité…).
Quand, à chaque action, ta conscience nourrit une attente, espère un gain ou redoute une perte, tu crées une minuscule « forme-pensée » sur le plan causal. Plus tes pensées nourrissent le même schéma, et plus celui-ci se renforce, s’agglutine et se densifie jusqu’à devenir une créature mentale presque « autonome » et dotée d’une volonté sommaire (qui consiste principalement à vouloir se maintenir « en vie »). Une telle créature mentale n’a pas de position précise dans l’espace, puisqu’elle appartient à la dimension causale qui précède la dimension de l’espace/temps : elle peut donc trouver une source d’énergie, de nourriture, auprès de toute conscience produisant des créations mentales de même nature et de même fréquence énergétique que la sienne.
C’est un schème.
Rappelle-toi que ton imagination est un instrument créateur au sein du plan causal : en la laissant produire tout et n’importe quoi, tu te retrouveras vite avec un plan causal encombré de créatures mentales diverses. Généralement ces créatures produites involontairement par nos attentes vaguement visualisées sont très faibles et ne tiennent pas. Mais si, à l’échelle de tout un pays, les mêmes types de pensées, d’attentes, de désirs, de craintes, sont produits par plusieurs millions de consciences individuelles, et ce en continu, alors les créatures mentales générées collectivement peuvent prendre des aspects bien plus considérables.
C’est pour cette raison que toute science initiatique t’invite, par hygiène mentale, à ne pas trop projeter d’attentes et de désirs, pour ne pas donner naissance, par agglutination, à des créatures du plan causal dotées d’une vie propre, des schèmes mentaux qui, à l’échelle d’un pays, peuvent devenir des Égrégores mentales.
Ces schèmes finissent par sculpter ta personnalité, par conditionner tes réactions et par imposer leur prisme sur ta perception de la Matrice. Ils sont responsables de tes obnubilations, de tes obsessions, de tes manies. Toutes les fois que ces schèmes t’activent, ils obtiennent de la nourriture : ils obtiennent de minuscules formes-pensées délivrées par ton mental imaginatif.
D’où la recommandation, dans toutes les traditions spirituelles, d’éviter de réagir lorsqu’une idée saugrenue ou révoltante traverse l’écran de ton mental : il s’agit probablement d’un schème – une forme-pensée quasi autonome – qui veut ton attention pour obtenir de l’énergie en retour.
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