Faire tomber leur pouvoir ?

Un bouffon cesse ses pitreries quand plus personne ne regarde. Une fausse monnaie cesse de circuler quand plus personne n’a confiance. Des lois de s’appliquer quand plus personne n’obéit. Des décrets d’opérer quand plus personne n’écoute.

Ceux qui ont le pouvoir en abusent ? Alors cesse de leur donner le tien. Retire le pouvoir que tu leur donnes chaque jour par ton attention, ton regard, ta confiance, ton obéissance, ton écoute, ta dépendance, ta considération.

Non ? Ce n’est pas ce que tu avais en tête ? Tu voudrais dégager par la force les psychopathes au pouvoir ?

Et tu vas t’y prendre comment ?

Tu sais qu’ils sont résilients : ils sauront gérer tes assauts. Ils possèdent tous les leviers du pouvoir et crois-moi, ils savent s’en servir. Pire. Si tu tentes d’arracher ce pouvoir par la force, tu risques surtout de les rendre plus forts. 

En termes de force brute, de capacité de nuisance, un psychopathe en a davantage que toi. Toi, tu honores la vie, tu as des barrières morales. Les psychopathes n’en ont pas. Là où tu hésiteras à utiliser certains leviers de contrainte, eux n’hésiteront pas. Et quand bien même tu parviendrais à couper une tête, ou deux, ou même dix, tu n’en serais pas débarrassé pour autant. Tu as affaire à une hydre dont seulement quelques têtes occupent le devant de la scène ; tu n’as pas affaire à quelques individus isolés.

Ton opposition frontale non seulement les légitime, mais pire encore, elle les entretient et les renforce.

Mon ami, si tu veux les voir tomber, c’est le pouvoir lui-même qui doit tomber. Tu saisis ce que ça implique ?

Ça implique que toutes tes compromissions avec ce pouvoir tomberont elles-aussi.

Tu es attaché à leur papier-monnaie-électronique ? Ils te tiennent. Tu es attaché à leur protection policière ? Ils te tiennent. Tu es attaché à leurs aides sociales ? Ils te tiennent. Leur couverture maladie ? leur essence ? leurs vignettes ? leur pass ? leur retraite ? les « droits » qu’ils te garantissent ? Ils te tiennent.

Examine les attaches par lesquelles ils te tiennent, étudie ton degré de participation à ce même pouvoir que tu déplores, considère le volume conséquent d’attention que tu leur donnes chaque jour.

La bête est aguerrie et prête à toutes les révolutions des corps, mais elle n’est pas prête à celle – apaisée – de l’Esprit.

La révolution qui la fera tomber commence en toi-même.


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